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Discours au Nom de la Première
Promotion de Sages-Femmes.
Quand  l’université Libanaise a décidé d’instituer une école de sages-femmes, ce fut un grand défi; non seulement pour l’université, mais également pour nous qui fûment la première promotion à être formée dans cette école.

Fallait-il  encore des SF sorties de l’université nationale alors qu’il y avait déjà d’autres universités, et non des moindres, comme l’USJ, qui avaient formé plusieurs générations de consoeurs ayant un excellent niveau académique et pratique?

Le défi était donc de taille, et le parcours devait être sans fautes.

Avec la jeune direction de la faculté de santé publique à cette époque là, et tous nos professeurs dévoués et sincèrement impliqués, je peux modestement vous dire que le défi a été relevé et le succès RÉEL.

Dix ans déjà depuis la fin de mes études dans cette université à laquelle je voue tout respect et toute gratitude.

Nous étions neuf SF (pas vraiment SAGES) dans la première promotion, “promotion COBAYE”.

Notre formation a duré six ans au lieu de quatre; elle était basée sur le fameux principe de notre cher directeur Dr TOUFIC RIZK:
 ..................
(Ne vous amusez pas à calculer mon âge, nous étions toutes des enfants prodiges au concours d’entrée.)

C’est avec beaucoup d’émotion que je viens participer à cette journée pour partager avec les jeunes étudiantes quelques points essentiels et avec le corps enseignant et dirigeant une vue rétrospective de nos années d’étude qui ont été achevées sans remise de diplômes; et ici j’insiste... sans remise de diplômes... diplômes qu’on méritait avec excellence (modestie mise à part).

Aux Étudiantes SF:

Votre formation de base est très importante, mais je vous guarantie qu’elle ne durera pas longtemps. Elle devra être soutenue et mise à jour ultérieurement par des formations continues.

Avec le temps, et en se lançant dans la vie pratique, on oublie les notions théoriques et on risque de devenir des techniciennes.

Malgré la médecine privée pratiquée au Liban, notre rôle ne se limite pas à l'exécution des ordres des médecins; nous avons un rôle ACTIF, des initiatives répondant à chaque circonstance, ce qui valorize les SF qualifiées comme des professionnelles.

 Seules ces SF pourront défendre leur statut et prouver que leur travail n’est pas un simple métier, mais une profession noble qui mérite des sacrifices.

Sans vous décourager, sachez que l’appréciation de votre travail sera rare mais sincère, venant surtout des patients et pratiquement jamais des directions des hôpitaux ni du corps médical (incroyable mais vrai). (J'aurais souhaité de la part de nos partenaires dans la naissance, les gynécologues-obstétriciens, une meilleure reconnaissance de notre profession et une plus étroite collaboration pour le bien-être de la mère et de l’enfant.) Qui d’entre nous n’a jamais, un de ces jours, pensé quitter cette tunique blanche pour un travail plus clément et peut être mieux rémunéré?
Si nous avons repris le chemin de l’hôpital, c’est par amour pour notre profession, quelles que soient nos peines et nos déceptions.

À la Direction de l’Université:

Je dois vous rassurer que notre formation médicale académique et pratique était solide. Elle a permis par exemple aux trois mousquetaires (Samar Tannous, Mireille Abi Tayeh et moi-même) de restructurer et d’optimiser le service de maternité à l’hôpital Serhal. Avec notre bagage, nous étions capables de faire le suivi, non seulement des grossesses normales, mais aussi des grossesses à risque; et nous sommes fières de nos accomplissements.

Par contre, mon expérience m’a aussi permis de voir que notre travail n’est pas purement médical, et qu'il repose en grande partie sur les relations humaines, indispensables pour la bonne gérance de tout service de maternité.

 Notre promotion n’a pas eu l’opportunité d’acquérir cette éducation avec le programme appliqué; j’espère que les autres étudiantes n’auront pas à l’apprendre comme nous l’avons fait, grâce à des efforts personnels.

Je termine en rappelant aux SF ce que Mme Nayla Doughan (directrice de l’école de SF à l’USJ) a déjà souligné la semaine dernière, qu’un ordre sans SF qualifiées n’aboutira nulle part. C’est à vous, et à nous toutes, à l'USJ et l'UL, de persévérer pour établir et défendre notre statut.

Soyez sûres que personne ne le fera à notre place.

(Excusez-moi d’être aussi négative!)

Merci

AMAL RABABY SALEM

(àèéêçâôÀûÉ)